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Cinéma : Entre ses mains, d’Anne Fontaine

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Dans la veine du « cinéma plutonien », inaugurée avec l’article sur le film La Tourneuse de pages, je propose cette fois-ci une étude des relations entre les deux personnages principaux du film d’Anne Fontaine, Entre ses mains, sorti en 2005.

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Dans ce film tourné à Lille, Isabelle Carré joue le rôle de Claire Gauthier, une jeune épouse et mère de famille toute simple qui mène une vie très ordinaire. Comme elle travaille dans les assurances, elle est amenée à rencontrer un client, interprété par Benoît Poelvoorde, qui la drague et cherche à la revoir. Ils font quelques sorties et leurs entrevues révèlent une relation ambiguë. Laurent Kessler (rôle joué par Benoît Poelvoorde) est un personnage étrange, tantôt jovial, tantôt déprimé et torturé. Il est vétérinaire au zoo, et Claire Gauthier ressent peu à peu un terrible doute, car plusieurs indices lui font penser que Laurent pourrait être le tueur en série dont parlent les journaux, qui s’attaque à des femmes avec un scalpel …

Comme dans l’article précédent sur le cinéma, je ne développe qu’un interaspect entre les thèmes des deux comédiens, et il est déjà très édifiant !

 

L’interaspect majeur de la synastrie (la comparaison entre les deux thèmes) est la conjonction du Soleil de Benoît Poelvoorde avec Pluton dans le thème d’Isabelle Carré. Le Soleil est le centre vital et un symbole de la conscience (entre autres); Pluton est une planète qui représente les forces inconscientes les plus sombres de la psyché, ainsi qu’un principe de transformation selon le processus de mort et de renaissance.

Evidemment, le thème développé dans le film supposerait, a priori, une situation inverse : une jeune femme-Soleil attaquée par un tueur-Pluton. Le tueur détruit l’autre et, effet miroir oblige, il s’attaque à un être qui semble détenir ce qu’il ne trouve pas en lui-même. Claire, de son côté, vit un cauchemar au contact des forces terriblement sombres de cet homme. C’est ainsi que les commentateurs du film perçoivent les deux rôles et la situation, mais une étude astrologique met en lumière d’autres forces.

Le film montre comme chacun des deux personnages projette sur l’autre sa part inconnue, qui se révèle peu à peu …

 Dans le film, Claire est fascinée par le tueur et ne met pas fin à leur relation. C’est en réalité le Soleil de Laurent qui fait remonter les pulsions enfouies dans l’inconscient de Claire (Pluton en maison XII). En effet, elle lui dit un jour, lors d’une discussion presque anodine, que durant son adolescence, elle a voulu se suicider, étant peu reconnue des siens, en se tranchant les poignets « pour savoir si réellement elle existait ». En ce sens, elle reprend contact, par le biais de cette relation, avec cette part d’elle-même, qui est suicidaire.

Dans le film, il y a, entre les deux personnages, une prise de pouvoir. Le tueur finit par demander à Claire pourquoi elle ne l’a pas dénoncé lorsqu’il a assassiné sa meilleure amie – qu’il a tuée atrocement, c’est une scène insoutenable. En lui posant cette question, il reconnaît son crime et formule l’idée d’une complicité de la part de Claire. A ce moment-là, il lui demande de l’aider, suggérant par là qu’il est de nature double, à la fois conscient (le Soleil en prise de conscience) de sa folie et esclave de ses pulsions meurtrières. Il faudrait, il en a conscience, l’en délivrer en mettant fin à ce processus -c’est-à-dire en le dénonçant à la police. En un sens, Claire semble détenir la clé. Pourtant, elle ne dit rien, maintient le lien entre eux deux et, par ce qui devient de la complicité, prend une sorte de pouvoir sur lui.

Par ailleurs, par le charme qu’elle exerce sur lui, Claire, non seulement éveille la conscience (Soleil) de Laurent, mais elle transforme (Pluton) profondément le tueur : Laurent découvre avec Claire quelque chose qu’il n’a jamais connu, la naissance, peut-être, d’un sentiment d’amour pour une femme. Il éprouve notamment de l’estime pour elle (Soleil), estime qu’il n’a jamais ressentie pour lui-même. Claire (Pluton) fissure, transforme son identité (Soleil) de prédateur.

Dans la scène finale, quand Laurent Kessler s’apprête à tuer Claire à son tour, elle ne manifeste aucune peur lorsque le scalpel effleure sa gorge. Elle est prête à (veut ?) mourir. Devant ce regard sans peur, Laurent finira par retourner le scalpel contre lui-même. Ainsi, Laurent présente à Claire sa part enfouie de suicidaire, ses pulsions obscures qu’elle projette sur Laurent, et elle l’entraîne à l’autodestruction (Pluton).

Ce film remarquable, très réaliste, décrit l’intimité d’une relation malsaine, marquée par des forces inconscientes révélées en miroir (Pluton-Soleil). L’astrologie permet d’approfondir la compréhension de cette rencontre complexe, un combat très serré entre emprise et éveil de la conscience réciproques.

Anne L jesuisjecree.com