Les transits de Pluton, ou la mue plutonienne

Lorsqu’on connaît l’astrologie et qu’on sait que Pluton va transiter une planète ou un point de notre thème natal, on est inquiet, angoissé parfois … On se demande quelle calamité va s’abattre sur nous.

Pluton en astrologie est un principe de transformation, à un niveau profond. Il opère par une destruction, suivie d’une régénération.

Pluton est un principe de transcendance; il ne se préoccupe pas des besoins de sécurité de notre ego.

Ensuite, son transit sur un point de notre thème dure longtemps, plusieurs années : l’énergie plutonienne travaille en profondeur et, pour une part, de façon inconsciente.

Quoi qu’il arrive, nous allons assurément connaître une métamorphose.

Ce genre d’expérience nous fait peur parce qu’il nous rappelle la plus grande transformation (a priori), la mort. Rien de bien réjouissant, parce que nous associons la peur et la souffrance à l’idée de notre fin.

Cependant, dans le symbolisme astrologique (et dans tous les systèmes symboliques traditionnels, d’ailleurs), il n’y a pas de mort définitive : il y a toujours transformation d’un état à un autre, c’est-à-dire une renaissance.

Je vous propose de nous tourner vers la Nature pour mieux comprendre l’énergie plutonienne :

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crédit photo : Pixabay

Il ne s’agit pas de l’image d’un insecte mort. C’est une enveloppe, une dépouille, les restes d’une ancienne forme. L’insecte, lui, s’est métamorphosé; il a changé de peau et il est né sous une autre forme.

De nombreux insectes connaissent la métamorphose.

De l’oeuf, ils passent à l’état de larve ou de chenille, plutôt active et vorace. Puis, ils se transforment en nymphe immobile, qui ne mange plus du tout. Dans certains cas, cet état est celui de la chrysalide dans un cocon de soie, cachée dans une crevasse, ou suspendue à une branche. Ensuite, un insecte (ou, du moins, un insecte tel que nous le concevons généralement) naît.

En fait, la vie de cet insecte adulte est courte. C’est même l’état dont la durée est la plus courte, le temps nécessaire à la reproduction … Le cas le plus poignant est celui des éphémères, ces insectes dont la vie adulte ne dure que quelques heures.

La vie des insectes nous rappelle que la vie en elle-même est une suite de métamorphoses physiques et psychologiques. Nous traversons tous les mêmes étapes : la naissance, la puberté, le vieillissement, la mort. Ces étapes ne sont pas faciles à vivre. De plus, dans notre vie personnelle, de nombreuses expériences, plus ou moins intenses, ont une tonalité plutonienne : par exemple, le départ d’une personne importante, un divorce, la perte d’un travail, un revers financier, une maladie.

Ensuite, la métamorphose des insectes peut également suggérer la réflexion suivante : nous sommes obligés de reconnaître qu’il n’est pas possible d’accepter seulement de vivre des états stables, et d’exclure, de nier ou de refuser l’expérience des changements profonds. Nous sommes attachés à la vie, à notre vie, mais à quelle « vie » ? Cette vie qui nous est chère est un état stable, non la vie dans sa globalité, dans tous ses aspects.

Notre peur réelle est la peur du changement, de la transformation. Si quelqu’un qui est marié depuis vingt ans doit accepter contre son gré un divorce, son univers s’écroule, parce qu’il s’est attaché à cet état stable. La personne doit se défaire d’une identité, et de toutes ses identifications, et cela est très douloureux. Pourtant, il est certain qu’après un certain temps, cette personne renaîtra à elle-même, transformée.

Spirituellement, Pluton, sur le chemin de l’éveil demande un détachement et l’acceptation d’un vide. C’est la fameuse « mort de l’ego », bien que je ne sois pas certaine que l’ego meure … C’est en tout cas la cessation du contrôle que l’ego exerce, avec ses certitudes. C’est la fin de ses identifications, justement, pour dégager l’être authentique. Pluton symbolise ce dépouillement pour l’essentiel.

Dans l’univers collectif, les pertes importantes, qui nécessitent un deuil, sont très souvent un sujet tabou. On détourne le regard. Notre société a peur et refuse encore cette réalité. Par ailleurs, bien souvent, la mue fait désordre dans la société. Sur internet par exemple, on voit que certaines crises plutoniennes engendrent parfois des jugements : untel a des torts puisqu’il lui arrive malheur, ou il s’y est mal pris, etc. Ce lynchage, très en vogue actuellement, révèle cependant (de nouveau) la peur collective des transformations profondes, considérées comme des erreurs ou des échecs -voire des châtiments bien mérités … Ce phénomène a son corollaire : ces condamnations (mais parfois aussi certaines formes de compassion) rendent justement la crise pénible à vivre. Plus de tolérance, en réalité, nous rendrait à tous les métamorphoses plus faciles.

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crédit photo : Pixabay

Si nous acceptions un peu plus la réalité des transformations profondes et de la mort, je suis certaine que nous considérerions la vie autrement. Nous ferions d’autres choix. Car cette conscience nous pousse à aller davantage à l’essentiel : que voulons-nous faire de notre vie, pour les autres, pour nous-même ? Quelles sont nos priorités en tous domaines ? Quels sont nos rêves ? Les réalisons-nous ?

Cette lucidité nous rend plus humain … et pas forcément triste.

Je répète, mais c’est important, que l’énergie plutonienne est aussi celle par laquelle on sort, régénéré, d’une période difficile. C’est l’énergie de la renaissance …

Il n’y a pas de « mort » sans renaissance, ni de renaissance sans « mort » …

Cet article évoque seulement un aspect (certes important) de l’énergie plutonienne. Pluton, en effet, est la dernière planète qui a été découverte. De ce fait, en astrologie, les chercheurs sérieux savent que nous n’avons pas encore tout compris du principe plutonien. Nous avons à intégrer progressivement cette énergie, en tant qu’êtres humains.

Alors ses manifestations sont certes parfois incompréhensibles, douloureuses et révoltantes.

Uranus, Neptune, Pluton représentent des énergies qui ne font pas partie des expériences humaines ordinaires. Ils représentent la possibilité d’une évolution très profonde de l’humanité.

Anne L jesuisjecree.com