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Six propos de Krishnamurti pour les 12 signes du Zodiaque

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  eb pierres Le philosophe indien Jiddu Krishnamurti a diffusé un enseignement dont la teneur, très neutre, déconditionne l’esprit. Elle libère la conscience des schémas issus de la pensée, qui classifie et dissèque toute réalité.

Je vous propose six extraits du propos de Krishnamurti, que j’ai sélectionnés pour les douze signes du Zodiaque.

 Ces méditations – lire Krishnamurti, c’est déjà entrer en méditation, non ?- sont au nombre de six, parce qu’on peut regrouper les signes par deux : chaque signe est, vous le savez certainement, relié au signe opposé, sur la roue du Zodiaque. Les signes opposés (et complémentaires) forment donc un axe, qui représente des tendances psychologiques et une thématique de la vie humaine.

Une autre vision

Ainsi, Krishnamurti pointe notre attention sur le fait que notre esprit est déformé par des savoirs, des impressions, des sentiments, des soucis, (etc.) Toutes ces représentations, accumulées avec l’expérience, nous rendent incapable d’écouter, d’observer, de voir réellement : 

« Toujours nous voyons les choses partiellement. D’abord parce que nous sommes inattentifs, secondement parce que nous les regardons à partir de nos préjugés, d’images verbales et psychologiques accompagnant ce que nous voyons. Jamais nous n’observons quoi que ce soit d’une façon complète. C’est chose ardue que de regarder objectivement même la nature. Regarder une fleur sans qu’il n’y ait aucune image, aucune notion botanique, simplement l’observer. Cela devient assez difficile parce que notre esprit vagabonde et ne s’intéresse à rien. Et même s’il s’intéresse, il contemple la fleur avec certaines appréciations, certaines descriptions verbales qui donnent à l’observateur le sentiment d’avoir vraiment regardé. Regarder de propos délibéré, c’est ne pas regarder. Donc jamais nous ne voyons la fleur, nous la voyons seulement à travers son image. »

Krishnamurti utilise le verbe « voir », mais cela comprend aussi les faits de percevoir avec nos cinq sens (écouter, etc.), d’observer, de comprendre, de prendre conscience (etc.).

De même, ce qu’il dit s’applique également à nous-même : nous avons de nous-même une image préconçue, une idée, et il ne nous arrive que bien rarement de nous observer réellement.

Krishnamurti explique la vue réelle, ce qu’il appelle « la vision pénétrante » : c’est lorsque nous cessons de regarder au travers de nos préjugés, et de nos images mentales personnelles, créées par nous-même, par notre éducation, notre culture, et par tout un héritage humain qui date de plusieurs millénaires …

Cette vision peut être appliquée aux axes astrologiques; ainsi Krishnamurti livre la clé pour résoudre la dualité exprimée par chacun des axes de signes astrologiques, en la dépassant !

 

eb meditationLe Bélier et la Balance : l’axe relationnel

Les signes du Bélier et de la Balance constituent l’axe relationnel, avec une demande d’équilibre entre le moi et les autres. Le Bélier s’affirme, sait prendre des décisions, choisit et apprécie de le faire, mais il est parfois trop impulsif.

La Balance, qui hésite, a beaucoup de difficulté à trancher, au contraire. Elle est beaucoup plus tributaire des autres et des situations.

A propos de cette question du choix que nous effectuons dans la vie, Krishnamurti propose, comme toujours, une vision neuve :

« Nous aimons cette liberté de choisir ; nous pensons que la liberté est nécessaire pour ce choix -ou plutôt que le choix nous donne une sensation de liberté-, mais quand on voit les choses très, très clairement, il n’y a pas de choix. »***

Voilà de quoi résoudre les problématiques Bélier-Balance !

Il explique qu’avec la neutralité, l’attention, puis avec la « vision pénétrante » (qu’il nomme aussi insight : perspicacité), libérée des images qui voilent la réalité, nous pouvons choisir et agir réellement, sans violence, sans hésitation, sans regret : « La conscience sans choix », sans préférence, conduit à l’attention. Mais l’attention est conditionnée par le passé : les habitudes, l’héritage des générations passées, des traditions, de la culture, de sorte que l’attention de l’homme est limitée, et cela cause des désordres. Le fait de penser constamment à ses propres soucis est un égocentrisme qui cause des conflits dans la relation avec autrui. »

   Krishnamurti dit que si l’on est attentif, dans un état de conscience sans choix, sans préférence d’aucune sorte, survient ce qu’il nomme l’insight ou la « vision pénétrante », sans souvenir, ni mémoire. On accomplit l’acte juste, au-delà du choix, et non violent : « C’est comme un éclair de lumière. Dans une clarté absolue, on voit alors toutes les complications, les conséquences, les corrélations. Cet insight est alors l’action, l’action complète, dans laquelle n’existent ni regrets, ni retours en arrière, ni sensation d’humiliation ou de rejet. C’est l’insight pur et limpide – la perception sans l’ombre d’un doute. » « Avec un insight clair à propos de la violence par exemple, cet insight lui-même supprime toute violence (…) Cet insight est complet et, de cette complétude, une action logique, saine et rationnelle devient possible. »*

 

abeilleLe Taureau et le Scorpion : l’axe des possessions et des valeurs

Le Taureau et le Scorpion constituent ensemble l’axe des possessions. Le Taureau acquiert, tandis que le Scorpion se dépouille. Les deux signes sont concernés par les questions d’attachement et de détachement aux choses matérielles, mais aussi à nos certitudes ou nos valeurs.

Krishnamurti en parle avec une grande sagesse, en nous montrant que c’est notre attitude qui est déterminante pour lâcher prise :

« Nous avons accumulé tant de choses, non seulement des livres, des maisons ou des avoirs en banque, mais aussi des objets intérieurs – le souvenir des injures, des flatteries, de nos expériences particulières, de nos succès névrotiques, garants de notre ordre social. Il faut mourir à tout cela sans discussion, sans argumentation, sans crainte – il faut juste lâcher prise ; essayez donc un jour, et vous verrez. Cette démarche psychologique – car il ne s’agit pas d’abandonner votre femme, votre mari, vos enfants, votre maison ou votre garde-robe, il s’agit d’une attitude intérieure – , cette démarche consiste à n’être attaché à rien. Il y a en cela une immense beauté. En définitive, c’est cela l’amour, ne croyez-vous pas ? L’amour, ce n’est pas l’attachement. L’attachement va de pair avec la peur. Et la peur vire fatalement à l’autoritarisme, à la possessivité, à la domination tyrannique. »*

Krishnamurti explique aussi ce que l’on peut entendre par « mourir à soi-même », une question essentielle sur l’axe Taureau-Scorpion, et pour nous tous. Elle peut vraiment apporter des lumières aux natifs du Scorpion et à notre Pluton natal (la planète maîtresse du Scorpion) : « Pour savoir réellement ce qui se produit lorsqu’on meurt, on doit mourir… cela n’est pas une plaisanterie : on doit mourir, non pas physiquement, mais intérieurement, mourir à ce que l’on a chéri et à ce qui a provoqué de l’amertume. Si l’on a su mourir à l’un des plaisirs que l’on a eus, le plus insignifiant ou le plus intense, peu importe, mais d’une façon naturelle, sans contrainte ni argumentation, on sait ce que veut dire mourir. Mourir c’est se vider totalement l’esprit de ce que l’on est, c’est se vider de ses aspirations, des chagrins et des plaisirs quotidiens. La mort est un renouvellement, une mutation, où n’intervient pas la pensée qui est toujours vieille. Lorsque se présente la mort, elle apporte toujours du nouveau. Se libérer du connu c’est mourir, et alors on vit. »**

 

eb feu3Les Gémeaux et le Sagittaire : l’axe de la pensée et de l’évolution

L’axe Gémeaux-Sagittaire est concerné plus que tout autre par la communication et la pensée.

Les Gémeaux accumulent les connaissances et le Sagittaire en fait une synthèse. 

Krishnamurti nous propose, et cela peut s’adresser donc aux natifs de ces deux signes, de fixer notre esprit dans la méditation silencieuse, et de se détacher des croyances, y compris de l’idée du « bien ».

Les Gémeaux et leur maître Mercure (qui se trouvent dans notre thème à tous) sont liés au mouvement et aux échanges, et à une possible dispersion mentale. Krishnamurti propose d’expérimenter une forme de concentration par l’immobilité intérieure : «  La méditation suppose l’absence totale de mouvement. Ce qui signifie que l’esprit est dans l’immobilité absolue, il ne suit aucune direction précise. Il n’y a pas de mouvement – le mouvement étant le temps, la pensée. Si vous voyez la vérité des faits -pas leur description purement verbale, mais leur vérité vraie, qui échappe à toute description – alors cet esprit tranquille et silencieux est là. Et il est indispensable que notre esprit fasse silence – le but recherché n’étant pas d’améliorer notre sommeil, nos performances professionnelles ou nos rentrées d’argent ! »*

A propos de la pensée, des idées, des croyances, thématique de l’axe, et notamment du Sagittaire, Krishnamurti dit que le bien est en fait incompatible avec toute idée, tout principe, incompatible avec la soumission à une quelconque autorité, car ils sont source de conflit : « Regardez les choses en face, examinez-les. Le bien n’est pas une démarche conformiste. Si vous vous conformez à une croyance, à un concept, à une idée ou à un principe, ce n’est pas bien, car c’est une source de conflit. Le plein épanouissement du bien, ne passe pas par un intermédiaire, ni par une figure religieuse, un dogme ou une croyance. Le bien ne peut fleurir que sur le terreau de l’attention totale, où l’autorité n’a plus cours. La quintessence du bien, c’est un esprit dénué de tout conflit. »**

 

eb-airLe Cancer et le Capricorne : les origines et l’élévation

L’axe Cancer-Capricorne est celui de la famille, des origines et de la maturité. C’est un axe qui représente bien notre destinée, évoquant notre milieu natal et notre parcours, ce que nous bâtissons dans la société à travers une vie professionnelle, une carrière, notamment.

Le signe du Cancer évoque le nid, la vie privée et la mémoire du passé; le Capricorne est lié à l’élévation à partir de cette base intime représentée par le Cancer. Le Capricorne symbolise pour cette raison un détachement, une solitude et une maturité, souvent opposés au symbolisme du signe du Cancer. 

La réflexion de Krishnamurti donne un sens nouveau et extraordinairement libérateur à la solitude, ce qui peut intéresser les natifs de ces deux signes : « La liberté est un état d’esprit, non le fait d’être affranchi de « quelque chose » ; c’est un sens de liberté ; c’est la liberté de douter, de remettre tout en question ; c’est une liberté si intense, active, vigoureuse, qu’elle rejette toute forme de sujétion, d’esclavage, de conformisme, d’acceptation. C’est un état où l’on est absolument seul, mais peut-il se produire lorsqu’on a été formé par une culture de façon à être toujours tributaire, aussi bien d’un milieu que de ses propres tendances ? Peut-on, étant ainsi constitué, trouver cette liberté qui est solitude totale, en laquelle n’ont de place ni chefs spirituels, ni traditions, ni autorités ?

Cette solitude est un état d’esprit qui ne dépend d’aucun stimulant, d’aucune connaissance. Elle n’est pas, non plus, le résultat de l’expérience et des conclusions que l’on en peut tirer. La plupart d’entre nous ne sont jamais seuls, intérieurement. Il y a une différence entre l’isolement, la réclusion, et l’état de celui qui se sait seul. Nous savons tous en quoi consiste l’isolement : on construit des murs autour de soi afin de n’être atteint par rien, de n’être pas vulnérable ; ou on cultive le détachement, qui est une autre forme d’agonie ; ou on vit dans la tour d’ivoire onirique de quelque idéologie. Se savoir seul, c’est tout autre chose.

On n’est jamais seul tant qu’on est rempli des souvenirs, des conditionnements, des soliloques du passé : les déchets accumulés du passé encombrent les esprits. Pour être seul on doit mourir au passé. Lorsqu’on est seul, totalement seul, on n’appartient ni à une famille, ni à une nation, ni à une culture, ni à tel continent : on se sent un étranger. L’homme qui, de la sorte, est complètement seul, est innocent et c’est cette innocence qui le délivre de la douleur.

Nous traînons avec nous le fardeau de ce que des milliers de personnes ont dit, et la mémoire de toutes nos infortunes. Abandonner définitivement tout cela, c’est être seul et non seulement innocent, mais jeune aussi – non en nombre d’années, mais innocent, jeune, vivant à tout âge – et l’on peut alors pénétrer la vérité ; pénétrer ce qui n’est pas mesurable en paroles.

En cette solitude, on commence à comprendre la nécessité de vivre avec soi-même tel que l’on est, et non tel qu’on devrait être ou tel que l’on a été. Voyez si vous pouvez vous voir sans émotion, ni fausse modestie, ni crainte, ni justifications ou condamnations, si vous pouvez vivre avec vous-mêmes tels que vraiment, vous êtes. »**

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sans-titrebvgrfLe Lion et le Verseau : l’axe de l’affectivité

L’axe Lion-Verseau est en relation avec les affections de toutes natures et avec toute participation sociale.

Le Lion représente la chaleur, l’amour rayonnant, la créativité et l’amour-propre, tandis que le Verseau concerne les amitiés, les relations sociales, c’est-à-dire une participation et une coopération à un niveau plus impersonnel.

Krishnamurti expose comme la beauté et l’amour sont dans l’état silencieux :  « Supposez que vous vous promeniez seul, ou en compagnie, que vous ayez cessé de parler, et que vous soyez plongé dans la nature. Aucun aboiement ne se fait entendre, pas un bruit de voiture, pas un battement d’ailes. Vous êtes complètement silencieux et la nature autour de vous est totalement silencieuse aussi. Cet état de silence, à la fois de l’observateur et de l’observé, lorsque le témoin ne traduit pas en pensées ce qu’il observe, ce silence dégage une beauté d’une qualité particulière où ni la nature ni l’observateur ne sont là, mais un état d’esprit entièrement, complètement seul : seul, non isolé, seul en une immobilité qui est la beauté.

Lorsque vous aimez, l’observateur est-il là ? Il n’est là que lorsque l’amour est désir et plaisir. Mais lorsque le plaisir et le désir ne lui sont pas associés, l’amour est intense ; il est, telle la beauté, quelque chose de totalement neuf tous les jours. Ainsi que je l’ai dit, il n’a pas d’hier et pas de demain. »

Krishnamurti évoque aussi la création d’une société juste, thématique du Verseau : « Pourquoi l’homme n’a-t-il pas su changer ? Car il ne change que très peu, de façon marginale, tout en exigeant par ailleurs une société meilleure. » L’histoire nous montre une persistance des guerres. « Conscient comme vous l’êtes de ce conflit sans fin, ne vous demandez-vous jamais s ‘il est possible de vivre dans cet univers sans chercher à fuir au sein d’une communauté, sans se faire ermite, mais d’y vivre d’un manière saine, heureuse, intelligente, sans le moindre conflit intérieur ou extérieur ? Si vous vous posez la question – et vous le faites, j’espère, en ce moment même, car nous menons ensemble cette réflexion -, alors vous êtes en droit d’exiger l’avènement d’une société juste. »*

Celui qui sait observer voit qu’il est lui-même le monde. Si tous les systèmes politiques, les philosophies, les psychanalystes ou les gourous ne sont pas parvenus à changer ce monde, c’est parce que personne ne le fera à notre place. « Puisque rien d’extérieur à nous-mêmes ne viendra à notre secours – pas même les dieux – , il devient alors évident que je dois compter sur moi seul pour me connaître moi-même. Je dois avoir une vision lucide de ce que je suis et me transformer radicalement. De cette mutation jaillit alors le bien. Et une société juste peut alors se créer. » *

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eb méditationLa Vierge et les Poissons : le quotidien et la vie intérieure

L’axe Vierge-Poissons est celui des limitations et de la vie spirituelle, qui se vivent à travers les thématiques de la Vierge, le quotidien, le travail, la santé (mais aussi la purification) et celles des Poissons : les idéaux, l’infini, l’indifférencié.

Krishnamurti concilie sans peine ces aspects souvent vécus comme des univers inconciliables, en évoquant l’attitude méditative qui transcende le quotidien : « La méditation vécue au quotidien n’est autre que la transformation de l’esprit, c’est une révolution psychologique qui fait que l’existence quotidienne telle que nous la vivons – et il ne s’agit pas là de théorie, d’idéal, mais du vécu de chacun des instants de notre vie – est pleine de compassion, d’amour, et de l’énergie nécessaire pour transcender toute forme de médiocrité, de petitesse, de superficialité. Quand l’esprit se tait – qu’il est réellement silencieux, mais pas de manière forcée, sous la contrainte d’un désir, d’un vouloir – il naît alors un mouvement d’un tout autre genre, qui n’est pas de l’ordre du temps. »*

 La Vierge est très rationnelle, observatrice, et les Poissons au contraire sont plus flous, et souvent tentés par la fuite du réel. Les deux aspects de l’axe Vierge-Poissons sont réconciliés puisqu’en somme, Krishnamurti propose d’être présent, par une attention constante et dénuée d’analyse, à la réalité : « La méditation est nécessaire à la compréhension même de notre existence quotidienne. Cela veut dire qu’il vous faut être totalement attentif à ce que vous faites, à votre façon de vous adresser aux autres, à votre façon de marcher, de penser, à ce qui fait l’objet de vos pensées : prêter attention à tout cela fait partie intégrante de la méditation. La méditation n’est pas un échappatoire. Elle n’a rien de mystérieux. Mais elle est source d’un jaillisement de vie – sainte et sacrée. Voilà pourquoi il faut considérer toute chose comme étant de nature sacrée. » *

:)

Anne L jesuisjecree.com

 

 

Bibliographie : * Krishnamurti, Cette Lumière en nous, la vraie méditation (éd. Le Livre de poche)

                         ** Krishnamurti, Se libérer du connu (éd. Le Livre de poche)

                         *** Krishnamurti, Dernier journal (éd. Le Livre de poche)

crédit photo : Pixabay